*Les-gens-du Nord...*
Alors, à la demande générale, petit résumé de la soirée.
Déjà, sans GPS, avec quelques judicieuses indications apprises par cœur, j’me ne me suis même pas perdue pour y aller…
Ou presque…
J’ai juste pas vu une Caisse d’Epargne, de la taille de la Voix du Nord sur la grand Place…
Passons…
En warning devant la gare, j’ai « discuté » avec un homme en bleu à moto qui me disait que j’avais rien à faire là…
J’ai cru que c’était parce que je n’avais pas d’écharpe sang et or et que la polo est immatriculée 59.
Alors, j’ai dit, « je vois pas le rapport m’sieur l’agent… »
( non, je déconne, dans la vraie vie, j’ai bougé la voiture, je genais vraiment, et parfois, faut respecter l’autorité pas toujours imbécile, de Poncherello et John Backer, même sans les chips, et j’étais pas d’humeur à me faire embarquer comme à la fête de la musique …
Non, maman, papa, rassurez-vous, j’me suis pas fait embarquée, mais j’l’aurais bien mérité, pour le coup, le cône, et pour les doigts.
Manus, Thomas, bande de lâcheurs, merci quand même pour les oranges..)
C’est là que Zorro est arrivé, son partenaire, le cheval blanc déjà garé non loin de là.
Arrivée au stade, après un ptit tour par les cordes et les sabres.
Effervescence.
Plusieurs personnes m’avaient briefée, « fais gaffe là bas, ça caille à mort »,
(merci M..., Alex, Mourad, Ben, Guy et Nico, el Che Guevarass..pour les conseils..)
A l’Ekhoote, j’avais prévu le coup, deux paires de gants et un sac de couchage en forme de doudoune, col roulé, bonnet et les tresses de fifi brin d’acier.
(Oui, je sais, c’est pas ça qui allait me réchauffer, mais qui sait…).
Sur les terres de mes étoiles des Alpages, ça fait bizarre de sentir l’air lensois sans eux, leur ancienne grotte à quelques centaines de mètres.
C’est sur, la vue sur les terrils, c’est moins joli que la dent du Chat et le lac du Bourget….
On est d’accord.
Bien installés dans des gradins de luxe, 171 encore des 1 et un 7…
3 places pour 2.
Ca commence.
Première mi-temps, j’observe, j’adore, on voit vraiment bien en fait, de là haut.
J’avais pensé à une vision plus lointaine, plus petite, genre, la terre vue du ciel, mais en fait, d’ici, on voit presque leurs visages.
Ceux des joueurs du RC et des Sado Maso Caennais.
Pas beaucoup d’actions, mais je découvre, j’observe, tout est merveilleux, surtout un Monsieur en noir assis à côté de moi qui allume ses clopes avec un briquet du LOSC gracieusement offert par le Che Guevarass…
Même pas peur lui…
Les supporters d’en face sont hallucinants, les vagues, flux et reflux en sang et or, Des refrains inconnus entonnés par des milliers de personnes.
Je contemple, j’apprécie.
Un concert où les Stars se trouvent dans les gradins.
Sur le terrain, des colombes normandes et des jokers en rouge et feu assurent le show, sans marquer. Sous les applaudissements et les sifflets.
Le sport, ça rassemble, sans indifférence, même les plus différents.
Je ne perds pas de vue et de cœur qu’ici, tout le monde est bien Humain,
tout le monde rêve cette terre vue du ciel.
Sauf que pour 22 d’entre eux sur le terrain, c’est le portefeuille qui est astronomique.
Normal pour des étoiles me direz vous, mais, et si la vérité était ailleurs…
L’argent, coule à flot, on prête des entités humaines, on en achète…
Indécence à mon sens.
La parole est d’argent.
C’est à ceux qui donnent de la voix qu’on devrait le redistribuer, cet argent.
Sans minimiser l'effort-fait sur le terrain.
Pour certains c’est à la place d’un repas , peut être, qu’ils peuvent se trouver là, assis, à observer, les étoiles plein les yeux et le coeur.
Pendant que les 0 continuent de s’aligner, sur le panneau d’affichage et les chèques signés.
Indécence à mon sens.
Je maintiens et je m’abstiens. De le dire.
Le silence est d’Or.
Et parait que ça vaut plus cher que l’argent.
Et moi je ne suis pas là pour ça. Moi, c’est l’Humain. L’Homme.
Et à mon sens, ça n’a pas de prix.
En plus, je suis invitée.
La richesse, elle est tout autour de moi.
Dans ce vivier humain, rassemblé, hors du temps pour 90 minutes.
La Passion n’a pas de prix, mais elle a un coût.
Mi temps.
0/0, quart d’heure Américain ou Mexicain devant les baraques à frites.
Ca sent enfin la frite, quand même, faut pas déconner, j’étais venue pour ça...Entre autres.
Trou normand sans alcool, juste avec du Nestea, un Fanta orange qui finit sur mes gants par défaut de couvercle, des frites super bonnes dans une baguette même pas en chewing gum mais pleine de mayo.
Miam miam. Je me régale.
C’était là, c’était l’Instant.
Auquel je ne m’attendais pas.
Ce moment qui m’a scotchée et que je n’avais pas vu venir.
D’ailleurs, Il se lève, et moi je ne reconnais même pas les premières notes entonnées.
« Etre né quelque part, pour celui qui est né c’est toujours un hasard »
Mais personne n’est là par hasard, et un refrain repris par quelques 30'000 personnes m’a clouée sur place. Sur mon siège, les frites sur les genoux.
Avec un accent, si charmant....
"Au Nord...c'était les corons..."
Ici, personne n’oublie.
Je sens, je ressens.
On est à Lens, cœur du bassin minier, et l’Histoire n’est pas seulement le passé.
Il en reste des traces, palpables, émouvantes, dans les cœurs, les esprits et les poumons des anciens combattants survivants.
Le musée de la Chartreuse de mon enfance, c’est pas Eurodisney.
Tout ça a vraiment existé.
Tout ça, c’est l’Histoire de ma Région.
Et moi aussi ça me coule dans les veines malgré moi.
Il n’est pas question là de fierté, mais d’Histoire.
Une Histoire à feu, à coke et à sang.
Assise, j’hallucine de ressentir autant d’émotions pour un air qui m’est finalement si familier.
Et pour des racines et des ailes que j’aurais presque oubliées, fautes de repères historiques, mes grand-parents, partis trop tôt.
Je les sens.
C'est avec Lui que j'ai compris.
Lui, debout, à côté de moi.
Moi aussi, j’ai eu 20 ans pendant un mois, en l’an 2001.
Je pense au cœur de Pierre.
Bachelet et Papa.
C’est Beau.
C’est Magnifique.
Grandiose.
Extrait à partager:
( désolée pour la qualité, mais j’ai pas trouvé mieux.)
Reprise de volée, « Comme elle vient » revisitée par tous les sens.
Les actions s’enchaînent, et je soupçonne les sang et or d’avoir écrasé un Lutin avec leur bus, parce qu'en toute objectivité, la Chance n’était pas de leur côté hier soir.
Jusqu’au ...
But.
Tsunami humain, la vague se déchaîne.
Enfin, ça y est, une action a porté ses fruits…
C’est le temps des Cerises.
Petit intermède, impro théâtrale, on amène le brancard, et finalement, Lazare ressuscite devant les yeux de JPP, sans Cacolac cette fois.
Il ne reste que 10 minutes, ça va aller… « The Show must go on”.
L’américain avalé, en plus il fait moins froid ( enfin, moi, je trouve)
Les mains sont fraîches, réchauffées l’une près de l’autre.
Côté normand, ils avaient du passer juste après le bus lensois qui avait laissé le Lutin inanimé sur le bas côté. Sans doute qu’ils n’avaient même pas remarqué qu’ils l’avaient écrasé.
A mon avis ils se sont arrêtés et ont dû sauver le pettit lutin malchanceux, parce que, effectivement, c’est eux, ils l’ont eue,
La Chance.
Parfois, pas besoin d’essayer 10 fois avant d’y arriver,
Une occasion saisie peut suffire.
« Tu la vois la belle bleue
Des feux de l'artifice
Et tu la sens même un peu mieux,
A la faveur d'une éclipse.
On voit du jour au lendemain
Que ça ne s'invente pas
Instantanément comme ça
Reprendre de volée d'aussi loin… »
…..Et But.
Egalisation in extremis. Déception autour de moi.
Et moi aussi, on rentre vite dans le jeu, en direct du public…
Dernières minutes, dernières actions.
Coup de sifflet final.
1/1
Equilibre.
Egalité.
Ca aurait pu être mieux.
Ca aurait pu être bien pire.
Ca aurait pu être 0/0 et je n’aurais même pas vu de but,
Ca aurait pu être 0/1 et j’aurais vu un but de mes collègues normands.
(pensées à Jérôme M. et Olivier D., j’espère que ça roule avec le Flolan les mecs..)
Ca aurait pu être un carnage, genre 0/5 comme avec les girondins.
(Pensées aussi aux étoiles bordelaises)
1/1, on s’en sort bien.
Ca va très vite le « on » finalement.
Ca le sera sans doute à chaque fois, sauf pour le derby du Nord.
Peu importe l’état d’esprit des supporters du LOSC.
Je suis Douaisienne, Erchinoise, Lilloise de cœur, Nordiste, Française, Européenne, Terrienne, Système solaAérienne etc…
Même si…
« Y’a pas de pays pour les vauriens, les poètes et les baladins »
Je ressens mon "Iditenté" malgré moi.
Même en étant dyslexique de l’Identité, mes racines sont profondes, et elle le resteront.
Quelques mots des Blaireaux me trottent dans la tête…
« On joue à Grimonprez -Joris, même en D1 ambiance…réduite.
Les dogues endurent le supplice en s’réchauffant avec leurs frites »
Le stade se vide en un clin d’œil.
Dans les allées, les voitures et les piétons se mêlent, en silence, déçus..
Moi, j’me sens bien, ça y est, j’ai vu un match de foot au Stade avec mon Homme.
C’était la première fois, et ça fait même pas mal.
Un partout, c’est un beau score 1/1 encore et toujours les deux tours.
Le parallèle, la symétrie, le miroir.
1/1,
Moi je trouve ça joli.
Rassurez vous, je n’entame pas une nouvelle carrière de commentateur sportif, j’ai pas assez de mauvaises feintes en stock pour exceller dans ce milieu…
Salut à toi Jean-Michel, en passant.
Après la verveine et les mots dans la fumée, retour vers l’Apollo et le cheval blanc.
La fusée est mal en point, lui manque l’air et les sens.
Mais Zorro est toujours là, et l’air de rien et sans bouche à bouche, ressuscite les pneus à plat, et m’indique le sens des sens à 15 euros pile même pas en face.
De l’Air, de l’Eau, la Vie, encore et toujours.
L’Apollo remise sur aile, le bouche à bouche ressuscitant et déchirant,
Retour dans mon château, encens et hors du temps, le prince charmant dans mes pensées et mes oreilles, les Rita aussi, hommage sur les ondes d'RTL.
Soirée de découverte footballistique entre autres, soirée aux frites et à la tisane sans pain d’épices, soirée inattendue et Magique.
Merci mon Amoureux pour cette première expérience.
A renouveler.

Hommage aux Anges, partis trop tôt, et en particulier à Fred Chichin que la Mort a assassiné...
La chanson française manquera de couleur à présent...

En italique, références diverses dans le désordre, comme au tiercé et derrière mon canapé:
Noir Désir "Comme elle vient", les Blaireaux " Avec Lille", Maxime Leforestier "Né quelque part", Les Têtes Raides et Bertrand Cantat " L'Iditenté", Queen "The Show must go On" , "Le temps des cerises" JB Clément et A. Renoir,et bien sûr, Pierre Bachelet "L'an 2001" et "Les Corons":
"Au nord, c'étaient les corons
La terre c'était le charbon
Le ciel c'était l'horizon
Les hommes des mineurs de fond
Nos fenêtres donnaient sur des f'nêtres semblables
Et la pluie mouillait mon cartable
Et mon père en rentrant avait les yeux si bleus
Que je croyais voir le ciel bleu
J'apprenais mes leçons, la joue contre son bras
Je crois qu'il était fier de moi
Il était généreux comme ceux du pays
Et je lui dois ce que je suis
{Refrain}
Et c'était mon enfance, et elle était heureuse
Dans la buée des lessiveuses
Et j'avais des terrils à défaut de montagnes
D'en haut je voyais la campagne
Mon père était "gueule noire" comme l'étaient ses parents
Ma mère avait les cheveux blancs
Ils étaient de la fosse, comme on est d'un pays
Grâce à eux je sais qui je suis
{Refrain}
Y avait à la mairie le jour de la kermesse
Une photo de Jean Jaures
Et chaque verre de vin était un diamant rose
Posé sur fond de silicose
Ils parlaient de 36 et des coups de grisou
Des accidents du fond du trou
Ils aimaient leur métier comme on aime un pays
C'est avec eux que j'ai compris"
Musée de la Chartreuse (Papa il dit que non...)
Centre Historique Minier 14/07/03.
02/85...07/93..encore et Toujours.